Comment optimiser fiscalement la cession de son entreprise tout en transmettant à ses enfants ?
Monsieur P., chef d’entreprise, souhaite céder sa société à un tiers, valorisée 950 000 €.
Il souhaite également transmettre 100 000 € à son fils.
Il s’interroge sur la meilleure stratégie pour optimiser la fiscalité de cette opération et transmettre efficacement une partie de son patrimoine.
Monsieur P. avait acquis ses titres avant le 01/01/2018. Il disposait donc du choix entre une imposition au PFU ou au barème progressif de l’impôt sur le revenu avec abattements pour durée de détention.
Plutôt que de céder l’intégralité des titres puis de donner 100 000 € en numéraire, nous avons préconisé à Monsieur P. de réaliser une donation d’une partie de titres en pleine propriété, à hauteur d’environ 100 000 €, à son fils avant la cession.
Cette stratégie présente un triple avantage :
La donation de 48 titres (101 333 €) en pleine propriété a généré seulement 67 € de droits de donation grâce à l’abattement en ligne directe de 100 000 €, auxquels s’ajoutaient environ 1 800 € de frais de notaire.
Après la donation, Monsieur P. a cédé les 402 titres restants et valorisés 848 667€, constatant une plus-value de 801 685 €.
En amont des calculs de cession, nous avons analysé que l’abattement de 500 000 € pour départ en retraite n’aurait pas été applicable au cas de Monsieur P., celui-ci ayant liquidé ses pensions de retraite il y a plus de 2 ans et le délai de 24 mois entre le départ à la retraite et la cession étant une condition impérative et cumulative.
En outre, le régime incitatif permettant l’application d’un abattement de 85% n’était pas non plus applicable, les titres ayant été acquis par Monsieur P. plus de 10 ans après la création de la société.
Les titres étant détenus depuis plus de 8 ans et acquis avant 2018, nous avons comparé les différents régimes d’imposition :
| Régime de droit commun | Revenus non exceptionnels IR & CDHR | Revenus exceptionnels IR & CDHR | Revenus non exceptionnels IR & exceptionnels CDHR | PFU sans revenus exceptionnels CDHR | PFU avec revenus exceptionnels CDHR |
|---|---|---|---|---|---|
| Prix de cession | 848 667 € | 848 667 € | 848 667 € | 848 667 € | 848 667 € |
| Plus-value avant abattement | 801 685 € | 801 685 € | 801 685 € | 801 685 € | 801 685 € |
| Ab. pour durée de détention | 65% | 65% | 65% | ||
| Plus-value imposable | 280 590 € | 280 590 € | 280 590 € | 801 685 € | 801 685 € |
| Total impôt | 277 620 € | 223 879 € | 246 779 € | 296 566 € | 256 470 € |
| Taux d’imposition | 34.63% | 27.93% | 30.78% | 36.99% | 31.99% |
| Solde net de cession | 571 046 € | 624 788 € | 601 887 € | 552 101 € | 592 197 € |
Nous lui avons préconisé d’opter pour le barème progressif avec application du système du quotient (revenus exceptionnels) pour l’IR et la CDHR, permettant de limiter la progressivité de l’impôt.
De son côté, son fils a cédé ses 48 titres sans fiscalité. En effet, la plus-value étant calculée par rapport à la valeur de donation et aucune prise de valeur n’ayant été constatée entre la donation et la cession, la plus-value était nulle. Il a ainsi perçu 101 033 € nets.
Grâce à cette stratégie optimisée :
Au total, Monsieur P. a pu transmettre à moindres coûts un peu plus de 100 000 € à son fils tout en optimisant la fiscalité globale de l’opération, grâce à la purge d’une partie de la plus-value.
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