Retraite : créer des revenus pour compenser la baisse de niveau de vie 

Retraite : créer des revenus pour compenser la baisse de niveau de vie

Votre retraite suffira-t-elle à maintenir votre niveau de vie ? 

Le défi à relever

Monsieur S., 64 ans, ingénieur conseil exerçant en libéral, est marié et père de trois enfants. Il perçoit aujourd’hui une rémunération de 107 600€ par an, complétée par 14 396 € de revenus fonciers issus d’une SCI. 

Né en novembre 1961, il doit valider 169 trimestres pour bénéficier du taux plein. Il en totalise 160 au 1er janvier 2026 et atteindra le taux plein à 66 ans et 4 mois, soit le 1er avril 2028. 

À cette date, ses régimes obligatoires (régime général, CNAVPL, Agirc-Arrco et CIPAV) lui verseraient une pension nette de 2 480€ par mois, soit un taux de remplacement de seulement 28% de ses revenus d’activité. 

Monsieur S. souhaite mesurer la baisse de revenus qui l’attend et identifier les solutions pour maintenir son niveau de vie à la retraite.  

Notre approche

Étape 1 : Mesurer la perte de revenus

Nous avons d’abord comparé les revenus nets de Monsieur S. avant et après son départ en retraite. 

Revenus annuels Situation actuelleSituation post-retraite
Rémunération107 600€0€
Pensions de retraite 0€29 760€
Revenus fonciers (SCI) 14 396€14 396€
Total revenus 121 996€44 156€
Impôt sur le revenu 28 720€ 4 950€ 
Prélèvements sociaux 2 340€ 2 340€
Revenu net disponible 90 936€36 866€

Constat : sans action, Monsieur S. perdrait environ 54 000 € de revenus nets par an, soit près de 60% de son niveau de vie actuel. 

Étape 2 : créer des revenus complémentaires 

Monsieur S. envisage de vendre des biens immobiliers et de consentir des donations à ses enfants. Il conservera un solde de 300 000€ à réinvestir. 

Nous lui avons proposé de répartir cette somme entre deux supports complémentaires, chacun choisi pour sa fiscalité allégée : 

  • 100 000€ en assurance-vie, pour des rachats partiels programmés ; 
  • 200 000€ en SCPI de rendement, détenues via une société à l’impôt sur les sociétés (IS) à créer. 

Levier n°1 : l’assurance-vie 

Avec une hypothèse de rendement de 3% net de prélèvements sociaux, Monsieur S. peut effectuer des rachats partiels programmés de 3 000€ par an, sans entamer son capital. 

Ces rachats sont très peu fiscalisés : seule la part d’intérêts comprise dans chaque rachat est imposable. Après 8 ans, ces intérêts bénéficient en outre d’un abattement annuel de 9 200€ pour un couple.  

Levier n°2 : les SCPI de rendement via une société à l’IS 

Monsieur S. apporte les 200 000€ en compte courant d’associé dans une société à l’IS, qui acquiert les parts de SCPI. Les loyers sont alors imposés à l’IS (taux réduit de 15%), et non au barème de l’impôt sur le revenu. 

Résultat annuel de la société Montant 
Revenus SCPI (rendement de 6%) 12 000€ 
Frais de comptabilité – 1 000€ 
Impôt sur les sociétés (15%) – 1 650€ 
Trésorerie nette disponible 9 350€

Cette trésorerie est reversée à Monsieur S. sous forme de remboursement de son compte courant d’associé, sans aucune fiscalité : 

Période Mode de perception Revenu net perçu par M. S. 
Années 1 à 21 Remboursement du compte courant 9 350€ / an 
Année 22 Solde du compte courant (3 650€) + dividendes nets (3 910€) 7 560€ 
À partir de l’année 23 Dividendes après PFU de 31,4% 6 414€ / an 

Pendant 21 ans, Monsieur S. perçoit ainsi environ 9 350€ par an sans impact sur son impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux. Le résultat comptable de la société est mis en réserve. 

Les bénéfices : 

Grâce à ces deux leviers, Monsieur S. augmente son revenu net de 12 350 € par an, sans alourdir son imposition. 

Revenus annuels Situation actuellePost-retraite sans investissementPost-retraite avec investissement
Rémunération 107 600€ 0€ 
0€ 
Pensions de retraite 
0€ 
29 760€29 760€
Revenus fonciers (SCI) 14 396€ 14 396€ 14 396€ 
Remboursement du compte courant 
0€ 

0€ 
9 350€ 
Rachats partiels d’assurance-vie 
0€ 

0€ 
3 000€
Total revenus 121 996€44 156€ 56 506€ 
Impôt sur le revenu 28 7204 950€ 4 950€ 
Prélèvements sociaux 2 340€2 340€2 340€
Revenu net disponible 90 936€ 36 866€ 49 216€ 
Taux de remplacement net – 41%54% 

Concrètement : 

  • Le revenu net disponible passe de 36 866€ à 49 216€ par an, soit un taux de remplacement net porté de 41% à 54% ; 
  • L’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux restent inchangés : les 12 350€ supplémentaires sont perçus nets ; 
  • Le capital de 300 000€ est préservé : l’assurance-vie n’est pas entamée et les parts de SCPI restent dans le patrimoine de la société 

L’écart avec les revenus actuels est ainsi réduit d’environ 54 000€ à 41 700€ par an. Monsieur S. conserve la possibilité de le combler davantage par des rachats plus importants sur son assurance-vie, au prix d’une consommation progressive de son capital. 

À savoir : 

  • Le remboursement du compte courant d’associé n’est pas un revenu imposable : il s’agit de la restitution progressive du capital apporté. Une fois le compte soldé, les revenus sont perçus sous forme de dividendes, imposés au PFU ou, sur option, au barème après abattement de 40%. 
  • Le taux réduit d’IS de 15% s’applique, sous conditions, jusqu’à 42 500€ de bénéfice. 
  • Les SCPI sont un placement de long terme : ni le capital ni les revenus ne sont garantis, et la revente des parts peut prendre du temps. 
  • À la constitution de la société, la valeur des parts sociales serait faible : l’actif de 200 000€ (parts de SCPI) est compensé par la dette de 200 000€ envers Monsieur S. (compte courant d’associé). Cette faible valorisation permettrait de transmettre les parts aux enfants par donation, à moindre coût. Le remboursement annuel du compte courant renforcerait ensuite l’intérêt de l’opération : il réduit progressivement la créance de Monsieur S., qui figurerait à défaut à l’actif de sa succession, tandis que la valeur de la société revient aux enfants, détenteurs des parts. 
  • Les versements en assurance-vie réalisés avant 70 ans bénéficient en cas de décès d’un abattement de 152 500€ par bénéficiaire, le conjoint survivant étant totalement exonéré. En désignant ses enfants bénéficiaires du contrat, Monsieur S. pourrait ainsi leur transmettre un capital de 100 000€ sans droits de succession. 

D’autres leviers ont été étudiés en parallèle : 

  • Le rachat de 3 trimestres permettrait un départ à taux plein dès 65 ans et 9 mois, pour un coût réel de 8 999€ après déduction fiscale. L’opération ne devient défavorable qu’à partir de 78 ans. 
  • Le cumul emploi-retraite, profondément réformé par la LFSS 2026 pour les départs à compter du 1er janvier 2027 : entre l’âge légal et 67 ans, la pension est écrêtée de 50% des revenus d’activité dépassant un seuil envisagé à 7 000€ par an. 
  • Une étude personnalisée est indispensable pour déterminer la combinaison la plus adaptée selon l’âge, la carrière, le patrimoine et les objectifs de revenus du futur retraité. 

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